Robe de mariée : les risques de l’achat en ligne

 

De plus en plus de futures mariées se tournent vers des sites de vente en ligne qui prétendent vendre des robes haute couture pour une poignée de dollars. Peu d’entre elles sont conscientes qu’au mieux, elles recevront une pâle copie du modèle qu’on prétend leur vendre, alors que certaines ne la recevront tout simplement pas.

Plusieurs fois par semaine, Marie-Claude Poulin, propriétaire de la Boutique Mariclod, reçoit des appels de futures mariées en panique: « J’ai acheté ma robe sur internet et elle a absolument besoin de retouches. » La propriétaire de La Maison Victoria, Francine René, connait également très bien ce refrain.

Toutes deux en sont venues à passer commande auprès de ces fournisseurs qui se targuent de vendre pour 300 $ des robes qui valent dix fois le prix, par curiosité et pour tester la compétition. Sur les douze modèles qu’a commandés Francine René, onze ne lui sont jamais parvenus… Impossible de rejoindre les compagnies, dont les adresses courriel se sont avérées inexistantes. Impossible donc de récupérer son argent. Et la robe qui est arrivée à destination? « Ce que j’ai reçu n’avait rien à voir avec la photo, explique Mme René. Ce n’était même pas bien imité! » Même constat à la Boutique Mariclod, où Mme Poulin a comparé une robe de créateur avec une imitation. « La confection n’est pas la même et la finition des tissus laisse à désirer », confie-t-elle.

Afin de pouvoir comparer, Marie-Claude Poulin de Boutique Mariclod a commandé auprès d'un fournisseur chinois ce qui était présenté comme la réplique (à gauche) d'un modèle de la marque Destination by Mon Chéri.
Afin de pouvoir comparer, Marie-Claude Poulin de Boutique Mariclod a commandé auprès d’un fournisseur chinois ce qui était présenté comme la réplique (à gauche) d’un modèle de la marque Destination by Mon Chéri.

 

Résultat : les futures mariées doivent, plus souvent qu’autrement, acheter une nouvelle robe. Car de moins en moins de boutiques acceptent de retoucher les modèles qui n’ont pas été achetés chez elles, et pas seulement par principe. En plus d’être taillées dans des tissus de mauvaise qualité, les robes contrefaites ne respectent pas les règles de couture, ce qui rend difficile – voire impossible – le moindre ajustement.

En Amérique, l’industrie des robes de mariée (ABPIA) s’est mobilisée et a fait appel à la justice, et au mois de février dernier, la justice lui a donné raison. Des sites d’hébergement et Paypal ont dû interrompre toute association avec les sites de vente en ligne, qui sont en grande majorité établis en Chine. Malgré cela, la tendance est loin de se résorber, ce qui est très frustrant pour les magasins spécialisés qui ont pignon sur rue. « Les boutiques comme la mienne, qui proposent de grandes collections et des conseillères formées, servent souvent de showroom aux sites chinois », déplore Francine René, chez qui de plus en plus de clientes viennent essayer des robes… pour avoir une meilleure idée de ce qu’elles devront chercher ensuite sur Internet!

Robe Elie by Elie Saab pour Provonovias telle que présentée sur le site officiel de la marque.
Robe Elie by Elie Saab pour Provonovias telle que présentée sur le site officiel de la marque.

 

En magasin, les alternatives pour les petits budgets ne manquent pourtant pas. « Les manufacturiers sont à l’affût de ce qui se passe, et les marques sont de plus en plus nombreuses à proposer des modèles qui commencent à 400 $ », note la propriétaire de la Boutique Mariclod, qui ajoute qu’un achat sur Internet n’est pas comparable avec l’expérience de l’essayage en boutique, où les vendeuses sont formées pour travailler avec la silhouette et les goûts des clientes. « On peut même travailler avec des robes de demoiselles d’honneur, les faire faire en blanc et y ajouter des détails en dentelle, par exemple », indique Mme Poulin. Et pour celles qui tiennent à avoir une robe de créateur, la plupart des boutiques proposent des plans de financement sur plusieurs mois sans intérêts.

Modèle vendu sur un site de contrefaçon : même s'il ne s'agit en réalité que d'une imitation, c'est la photo du modèle original qui est utilisée.
Modèle vendu sur un site de contrefaçon : même s’il ne s’agit en réalité que d’une imitation, c’est la photo du modèle original qui est utilisée.

 

En attendant, Francine René prédit des changements dans l’industrie des magasins de robes de mariées, premières victimes du phénomène. « Aux États-Unis, les boutiques n’ouvrent déjà plus que sur rendez-vous », indique-t-elle, notant également que la plupart vont jusqu’à interdire aux clientes de prendre des photos. « Les gens ne pourront plus entrer en boutique et essayer des modèles comme ils le faisaient avant. »

 

Texte : Laurie Vanhoorne

 

3 Responses to “Robe de mariée : les risques de l’achat en ligne”

  1. Dominique

    J’ai trouvé l’article très intéressant. J’avais pensé moi aussi commander ma robe sur internet mais l’expérience que j’ai eu en boutique était super et la conseillère était très professionnelle. Ce que je n’aurais pas eu en commandant sur internet.

    Répondre
  2. Julia Salhi

    Bonjour ,JE suis futur mariée et Je suis du Maroc et je veux acheter ma robe sur Internet parceque les prix son tres raisonnable , mais j’ai un doute de tomber sur des sites arnaques , pouvez vous me conseiller ? plzzz

    Répondre
  3. Sylvia Guerard

    je suis couturiere dessinatrice depuis plus de 35 ans et des filles decu j’en voit a toute les semaine decu !! je fais des confection unique avec qualité de plus un service impeccable les robes fait sur mesure sont tres attayante car elle font selon votre corps de plus vous pouvez changer plein de chose sur votre robe ! attention les filles ! je suis a quebec et si vous desirez quelqu’un de confiance contactez moi

    Répondre

Répondre